Camille

11 avril 2009

Naschmarkt, Vienne. 

Attablé dans les fleurs, les pieds nus dans l’herbe, juste un peu de brise sur mon visage, c’est la fin d’après midi, l’air est tendre et l’ombre chaleureuse, sans un bruit, loin des routes et sous les arbres, rester ici pour longtemps, revenir à ses sens, quand tout se tait, quand tout me parle, écouter.

Attablé dans les fleurs, les pieds nus dans l’herbe, elle me visite, me revient de loin, des années de l’apprentissage et des manqués, seize et dix-sept ans, elle, vivante et bonne, vivante et belle de ses sentiments, criant que ce Dieu qui nous regarde ne s’en offenserait pas, que nous nous aimons, et que je le lui laisse sentir sur mon coeur, moi lui répétant que tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels, et les femmes perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées, la renvoyant à son couvent, elle, les yeux humides, le coeur offert, m’invitant de ses lèvres, mon Perdican, ne badine pas, me disait-elle.

 

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