Caravane
19 mai 2009
De nouveau transporté par le train, de nouveau ballotté et bercé, rappelé aux souvenirs des départs et des arrivées, excité ou fatigué, enthousiaste ou saoul, traverser les rangées, trouver sa place, un jour fumeur, et puis plus, s’installer, savoir que cela va durer un peu et aimer cette idée, s’arrêter parfois, sentir que tout bouge autour mais pas soi, le monde en lecture rapide, les mêmes sièges bleus sous le corps lourd, chaque matin, chaque soir, toujours le même voyage, jamais le même voyage, en train, dans cette longue ville de transition, pour une heure.
De nouveau transporté par le train, de nouveau balloté et bercé, rappelé aux souvenirs des départs et des arrivées, excité ou fatigué, enthousiaste ou saoul, de retour en arrière, un autre temps et un autre air, la caravane est en marche, nous transportant, bienveillante, ce train que nous avons pris, un jour, longtemps ou quelques minutes, assis bien droit ou allongés, avec toi, toi et toi aussi, qui s’est arrêté ou qui roule encore, la mémoire de tous ces trains pris parfois en marche, de ceux dont on voulait descendre sans le pouvoir dans un voyage trop long, en se disant qu’on aurait dû le stopper plus tôt, puis de ceux qui durent encore aujourd’hui et qui donnent le goût d’y rester, d’en prendre d’autres, encore, cette fois avec toi, toi ou bien toi et qui continueront, châteaux ambulants, à nous mener les uns vers les autres.