Noce

12 mai 2009

Une longue table de fête, bruyante et dense, trois chandelles luisantes, fébriles comme les premiers mots à son voisin, inconnu, se rencontrer, va-t-on se plaire, va-t-on suffire, les sourires se figent et souvent l’oeil revient à son assiette, les lèvres vers le vin rouge, glissent sur le verre, y boivent, et reprennent la course, s’agitent encore, se referment d’un coup, coupables, en a-t-on trop fait, qu’en est-il de l’autre, le vin maquille encore la bouche, va-t-on se plaire, va-t-on suffire, sourire carmin, hocher la tête, peut-être bien, encore, une gorgée de vin.

Une longue table de fête, trois chandelles luisantes, fébriles comme ceux qui dansent là, devant, à voir si l’on peut se rencontrer comme ça, va-t-on se plaire, marcher lentement vers l’exterieur, maîtriser les pas, fumer en chuchotant à soi même, le regard joueur, les lèvres toujours rouges, le feu dans l’estomac brûlé par les bières suivant le vin, puis y retourner, conquérant, maîtriser les pas, les yeux arrachant quelques vêtements au passage et goûtant quelques bouches interdites, effleurant des mains, reprendre place, divinement alcoolisé, et posséder pleinement ce corps insuffisant, être un peu plus que soi, un peu plus à soi, se plaire et se suffire, dans cette noce d’un soir .

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