La fleur de l’âge
8 juin 2009

Sur la pelouse, au bord de la piscine en banlieue, attentif et responsable d’eux tous, les cris explosent et la joie s’exprime dans les aigus des filles, ou dans les graves hésitants des garçons qui grandissent, courir, tomber, sauter dans l’eau chlorée avec son odeur, les yeux rougissent et les maillots collent, il fait assez chaud pour en avoir envie, assez chaud pour quitter ses habits, assez chaud pour se montrer pour la première fois, avant on n’y pensait pas vraiment, mais maintenant on a treize ans.
Sur la pelouse, au bord de la piscine en banlieue, attentif et responsable d’eux tous, devant moi, ils ne les partagent pas ces treize ans qu’ils baignent dans l’eau du jour, treize années qui glissent sur cette peau qu’ils n’auront pas toujours, gardant pour eux-même la fleur de leur âge, jalousement, ils jouent, ne sentant pas le moment, il glisse aussi, ces treize ans dureront toute la vie, habitant leur corps dans un printemps unique, un printemps comme un rite initiatique dont on garde un souvenir sucré ou amer, tendre ou acide, leurs petits corps à mi -chemin, à cette heure où bourgeonne en silence une fleur intérieure, celle du souvenir de ces jours et de ces années, celle des jeunes cons, des filles studieuses ou des garçons poêtes, la fleur de nombreux secrets, dont l’odeur de chlore, de première bière ou de baiser sera témoin d’heures qui seront oubliées, chéries ou regrettées.