Les mains

8 avril 2009

Assis dans un wagon bleu, attendant, somnolent, le glissement sur les rails, d’être bercé, de s’évanouir et de se réveiller, hésiter, les yeux ouverts, les yeux fermés, laisser l’abandon l’emporter.

Assis dans un wagon bleu et très vite un parfum, par salves suaves, mes yeux fermés, ensommeillés mais curieux, un corps face au mien alors, masculin, sans doute un peu de frime dans le sourire , une boucle d’oreille, de la jeunesse dans le regard, les cheveux modelés en dents de scie, qui sait, et les mains blanches. Les mains blanches, les petites mains, les doigts encore minces, longs, rosés et lisses, les mains blanches, vite rouges de froid, les fines mains serrées et ce sentiment de puissance quand on les tient, à peine plus usées que ces mains d’enfants qui étaient les miennes, ou celles de Thomas, Stephane, Matthieu, Patrice, au fond dans la salle de classe, tenant des stylos à quatre couleurs qui claquaient, ouvrir les yeux, prendre ces mains et oublier les mains larges, brunes et épaisses, famillières mais craintes, de celui qui toujours saisissait trop ferme, trop fort, trop mal.

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