Ceux qui sont là, ceux qui sont ailleurs.
5 avril 2009
Assis sur une place bondée, des visages fleurissant aux premières vraies chaleur du soleil d’avril, écrans fumés sur les yeux on se protège de trop de lumière, on ne s’en souvenait plus, on parle plus fort que d’habitude, on porte du rouge, du jaune, du bleu clair, surtout du rouge, on enlève et on remet sa veste, les nuages décident, on y croit presque pas, l’hiver était si long mais on est bien là, on sourit, c’est aujourd’hui.
Assis sur une place bondée, les visages éparpillés d’une famille choisie en tête, de ceux qui sont ailleurs mais avec moi, ceux dont les visages fleurissent sur d’autres places, dont les noms ont une musique différente, dans des villes sur la mer, sur le Danube, sur la Seine, sur le Guadalquivir, les imaginant porter du rouge, du jaune, du bleu clair, ceux qui au lieu d’être ici sont ailleurs, qui peut-être comme moi regardent au dedans et au dehors, qui parlent cette langue un peu plus à nous qu’aux autres, délaissée ici au profit d’une autre, plus utilitaire, en espérant cet après midi qu’ils ne m’en tiennent pas rigueur, de là où ils sont.